Mariam Ouédraogo, meilleure actrice au FESPACO 2013 - «c'est maintenant que ça commence pour moi»

C'est à l'interprète du personnage principal de «Moi Zaphira», le long métrage d'Apolline Traoré, qu'est revenu le prix de la meilleure interprétation féminine de l'édition 2013 du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). L'actrice ayant incarné ce rôle, la Burkinabè Mariam Ouédraogo, devient ainsi la première comédienne de son pays à remporter ce prestigieux trophée. C'est donc sans surprise que celle-ci considère cet important événement de sa carrière cinématographique comme le début du professionnalisme pour elle, et, bien sûr, de ses grandes ambitions.

Est-ce que Mariam Ouédraogo s'attendait à remporter le prix de la meilleure interprétation féminine au FESPACO 2013?

Je ne m'attendais pas du tout à cela. Quand on a prononcé mon nom, sur-le-champ, je ne me rendais pas compte de l'ampleur des choses. Le trophée est énorme pour moi parce que c'est une première pour le Burkina. J'avais du mal à exprimer ma joie. Après le tournage du film, on priait Dieu pour que le film soit sélectionné et récompensé, mais je ne m'attendais pas à être primée. Le film a été sélectionné, on est allé en compétition, c'est déjà bien car cela veut dire que le film est de bonne qualité.

Etes-vous entrée en possession de la valeur financière de votre prix?

C'est juste un million de francs CFA, c'est petit et énorme à la fois. Le lendemain de la réception du trophée, je suis allée récupérer mon argent.

Pouvez-vous nous rappeler les conditions dans lesquelles le tournage a eu lieu?

Les conditions de tournage étaient un peu difficiles parce qu'on a tourné un mois d'août dans un village situé à 15 km d'Orodara. Il pleuvait vraiment beaucoup. Des fois, on se déplaçait mais arrivés sur le plateau, il commence à pleuvoir. Parfois nous ne tournions qu'une seule séquence par jour à cause des pluies. C'est ce côté-là qui nous fatiguait. Nous avons fait un mois de répétition et un mois de tournage, donc deux mois à Orodara.

Parlez-nous du personnage que vous incarniez dans le film?

Le personnage de Zaphira est un personnage dans lequel je me voyais et qui m'a beaucoup parlé. Le film relate le combat d'une femme pour son enfant. Dans ce film, je rêvais de faire partir ma fille d'un village où tout le monde est paresseux et que je n'aimais pas du tout. J'ai suis tombée sur une revue et des photos de mannequins que je trouvais très jolies. J'ai voulu du coup que ma fille devienne comme les filles de la revue. C'est à partir de là que j'ai construit un rêve pour elle et que j'ai commencé à me battre pour elle. Elle, elle voulait plutôt être médecin. En fin de compte, elle est devenue ce qu'elle ne voulait pas être, et elle a fini par me rejeter parce que pour elle j'ai raté son éducation. Voilà résumé le film.

Avez-vous éprouvé une difficulté particulière à rentrer dans la peau de votre personnage?

Entrer dans la peau du personnage n'a pas été difficile, parce que le film a été tourné en langue nationale jula que je comprends assez bien. Apolline Traoré aussi m'a beaucoup conseillée et cela m'a été utile.

Est-ce votre premier grand rôle dans votre carrière d'actrice de cinéma?

Mon premier rôle principal, c'était dans «Le Testament», et c'était mon plus grand rôle.

Après avoir reçu ce prix, quelles sont les projets et les ambitions de Mariam Ouédraogo?

Je vais me battre pour aller plus loin, même hors de nos frontières. Pour le moment, j'ai quelques propositions mais je préfère patienter. Il est vrai que je fais des affaires en gérant des magasins, mais sur le plan cinématographique, je compte me professionnaliser davantage. C'est maintenant que ça commence pour moi et je vais tout faire pour ne pas en rester là.

Comment voyez-vous votre carrière dans 5 à 10 ans?

Je me vois aux Etats-Unis, à Hollywood. Mais je reviendrai ici parce que j'aime mon pays, j'aime le Burkina. J'en profite pour remercier tous ceux qui m'ont soutenue, encouragée et félicitée. D'abord Apolline Traoré pour m'avoir tout appris dans le cinéma, ensuite aux comédiens, à ceux qui m'ont appelée pour me féliciter quand j'ai reçu le prix, à Fasozine enfin.

Fasozine

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