Interview - Jean-Charles Bettan, le psychanaliste en mission humanitaire au Burkina

Jean-Charles Bettan est psychalanyste et psychothérapeute. Il exerce à Cannes. Si l'inconscient est sa première passion, sa seconde passion est incontestablement l'Afrique.

UNE CERTAINE IDEE DE L'AUTONOMIE

Jean-Charles Bettan, comment vous est venue cette passion pour l'Afrique ?

- En 1999, alors que j'étais directeur de cabinet d'un maire du Var, j'ai eu l'occasion de soutenir une association qui oeuvrait en direction d'une petite commune du Burkina Faso. Par l'intermédiaire du maire de cette commune, j'ai proposé au médecin-chef du district sanitaire de former les agents du dispensaire à une homéopathie tropicale de base. La réponse a été aussitôt positive et enthousiaste.
Cette première mission a permis de former des infirmiers, des sages-femmes, des agents de santé habitant les différents villages constituant la commune. L'année suivante, une seconde mission a permis de continuer à pratiquer auprès de la population. La graine était semée et arrosée ; il restait à la laisser germer.

Depuis cette date, vous avez conduit d'autres missions ?

- Oui, depuis ces premières missions, une douzaine d'autres ont été conduites, au Burkina Faso et aussi au Sénégal, au Congo, à Madagascar. Chaque année, je conduis deux nouvelles missions humanitaires au cours desquelles je forme gratuitement un certain nombre de personnes à des approches thérapeutiques douces, essentiellement dans le domaine du traitement de la douleur. J'emmène avec moi des Français, des Belges, des Suisses, des Canadiens, désireux de partager cette aventure humaine toujours si riche et si émouvante.
A l'issue des trois ou quatre jours de formation très active, tout le monde, accompagnants et stagiaires du pays d'accueil, passe à la pratique. Un dispensaire temporaire est ouvert et nous accueillons la population des villages pour des soins gratuits. Selon les années et selon la taille de la commune, selon le nombre de participants aussi, nous dispensons plusieurs centaines de consultations en moins d'une semaine.

 Avez-vous toujours des contacts avec les premières missions ? Est-ce qu'il existe un suivi ?

- Lorsque nous décelons, au sein du groupe de personnes formées, un "talent" particulier, c'est en général cette personne qui est reconnue par l'ensemble du groupe comme étant celle qui pratique le mieux. C'est donc elle que nous investissons de la capacité de suivre régulièrement ses collègues. Si vous voulez, elle devient en quelques sorte le "superviseur technique". Ensuite, soit nous retournons sur place une deuxième fois et confortons les acquis, corrigeons les éventuelles erreurs ou dérives, soit je communique régulièrement avec ce superviseur par internet, lorsque c'est possible, afin de suivre l'évolution de la pratique. Depuis 2010, c'est une jeune femme qui est désormais rémunérée par nos soins pour assurer la supervision de tous les anciens stagiaires dans toutes les communes du Burkina où nous avons conduit des missions.

Quels sont les publics concernés par vos formations sur place ?

- Lors des formations sur place, je recherche des personnes très motivées, oeuvrant ou non dans le domaine de la santé : des médecins, des infirmières, des kinésithérapeutes, des sages-femmes, qui souhaitent enrichir leur arsenal thérapeutique grâce à des techniques simples. Et aussi des étudiants, soucieux de s'ouvrir à des champs nouveaux dans le traitement de la douleur. Enfin, des bénévoles des associations sanitaires, humanitaires et de développement, les agents de santé ou agents sanitaires, responsables dans leur quartier ou leur village d'une action particulière dans le domaine de la santé.

Quant aux Européens qui m'accompagnent, peu importe leur profession. Je m'entoure de personnes ayant les pieds sur terre, ne postulant ni par pitié, ni par voyeurisme, et encore moins par envie de découvrir la brousse ! Simplement des hommes et des femmes qui souhaitent apporter une pierre, même infime, à l'idée d'une plus grande autonomie des pays et des peuples en matière de santé publique.

Quels sont vos rapports avec les médecins burkinabè ? Avez-vous des contacts avec le Ministère de la santé ?

- Les rapports sont excellents, aussi bien avec les médecins qu'avec les tradipraticiens. Il suffit de rester à sa place. Ne pas débarquer en conquérant qui sait tout, respecter l'autre et la place de l'autre, présenter ce que nous faisons comme une complémentarité possible, parfois une alternative. Par ailleurs, avant chaque mission, nous nous assurons auprès de nos contacts sur place que toutes les autorisations ont bien été sollicitées et obtenues auprès des administrations et ministères concernés.

Combien de missions ont déjà été menées au Burkina ?

- Déjà sept, et je conduirai une huitième mission en février 2012, dans une commune de la province du Gourma où je suis déjà allé. Le maire y est très enthousiaste et prêt à nous soutenir dans la suite de nos projets. Notre ambition est de construire à moyen terme des petits centres de traitement de la douleur dans les communes les plus motivées. C'est toujours le souci d'autonomie qui prime : il s'agit bien de former, de transmettre, et puis d'assurer autant que possible la pérennité de la chose en confiant la responsabilité aux hommes et aux femmes du pays.

 

 

  • Découvrez des vidéos de ses passages au Burkina :

Mission dans un village     Une guitare électrique dans un village       L'invitation à la danse

Mission en brousse JC Bettan                 Guitare Elect                            Invit danse JC Bettan

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Jean-Charles Bettan, Priorité Santé, Cannes. Une antenne existe en Belgique.

Téléphone à Cannes : 04 93 48 95 53
Courriel : jean-charles.bettan@priorite-sante.com

Sites internet :
http://www.priorite-sante.com
http://jeancharles.bettan.free.fr