Floby, le prodige de la musique burkinabè : « Même si je meurs après le concert du 30 juin, j’aurais atteint mon objectif »

En pleins préparatifs pour son concert du 30 juin prochain au stade du 4-Août, nous sommes allés à la rencontre  de l’artiste musicien, Florent Belemgnegré alias Floby.  Avant  les échanges,  l’artiste nous a fait  l’économie de sa journée  bien remplie avec sa visite à Sa  majesté le Mogho Naba Baongo.  Notre entretien avec l’enfant  prodige de la musique burkinabè a tourné autour de deux points à savoir  la sortie de son troisième album  et le concert dédicace prévu la fin du mois. Voici  ce  que Floby dit à propos de ces  deux sujets.

floby-1.jpgFloby, tu viens de mettre sur le marché discographique ton  troisième album comment tu situes ce dernier par rapport aux autres ?
Tout d’abord  je remercie tous les lecteurs de L’Express du Faso, ce journal qui fait beaucoup pour la culture burkinabè. Mon troisième album  est baptisé WEND’MI qui veut dire Dieu seul sait. C’est une composition de 14 titres, de différentes  colorations. Nous avons déployé de grands moyens pour que cet album soit celui d’ici et d’ailleurs. C’est  un album qui parle d’amour, de paix, de ce qu’on vit quotidiennement. Cet album est situé sur la lancée des deux autres. Au début c’était « Maam Soré », qui veut dire ma route, ma destinée, que j’ai tant cherchée et grâce à vous j’ai retrouvé ma route. Sur cette  route je ne savais pas ce qui m’attendait. C’est pourquoi, le deuxième album s’est intitulé « Wiligui mam », dites-moi ce qui m’attend sur la route de la musique. Mais en fin  de compte je me suis rendu compte que c’est Dieu seul qui sait.

 Quelles sont les thématiques que tu utilises dans ce troisième album ?
Je chante  toujours la paix, la femme évidemment,  les enfants de la rue, l’espoir  pour tous ceux qui  sont dans le désespoir. Cette fois  j’ai ajouté les aventuriers. Dans  cet album  j’ai fait 14  titres, il y a un featuring avec Smarty. Et dans ces 14 titres, il y a 7  en Mooré et 7  en Français. C’est pourquoi  j’ai dit que cet album est pour ici  et ailleurs.  70% de mes compositions sont en Mooré, mais cette fois j’ai fait du 50 % - 50 %. Voilà pourquoi je dis que je vise l’international. Les autres albums m’ont permis  de toucher un peu l’international parce que ce n’est pas seulement au Burkina Faso  que j’ai joué avec ces deux albums mais aux Etats-Unis, en Europe, dans la sous région. Ce troisième album doit être pour moi celui de la maturité, c'est-à-dire le tournant de ma carrière.

 

Quels sont les aléas auxquels tu as fait face pour la production de ce troisième chef d’œuvre ?
Le public burkinabè commence à consommer notre musique. Et  là c’est une grande victoire pour nous. Mais  le soutien  gouvernemental tarde à venir. Nous n’avons pas de soutien pour  produire nos  albums.  Alors  que pour réaliser un bon album  qui vise l’international, il faut enregistrer dans un  studio qui  corresponde aux  normes internationales. Dans  cet album à part quelques titres  tout a été  enregistré en live. Ce qui demande beaucoup de moyens. Je me suis débrouillé et personnellement  je suis satisfait de ce que  j’ai fait.

Pourquoi, tu es allé  à 14 titres  dans cet album ?
Moi  j’ai commencé avec 12 titres. Au deuxième j’ai fait 14  titres et je ne veux  pas descendre  en dessous des 14 titres. C’est vrai  qu’on ne paie plus les albums au Burkina mais  je ne  veux pas descendre. Je remercie Dieu  parce que je n’ai pas de problème d’inspiration. Et je me dis que c’est la bénédiction de tout le Burkina Faso qui me suit. Mon manager  peut témoigner, il avait des problèmes pour choisir les titres de cet album. Il  y avait des chansons que j’avais gardées lors de la dédicace du deuxième album qui ne figurent pas dans le troisième parce que tout le temps je me fais plaisir en composant. Actuellement  si on me dit de faire trois  albums  je peux.

 

Floby n’est pas seul, il y a du monde derrière  toi. Récemment, il y a eu la création  d’un fan club Floby, qu’est ce que tu penses de cette initiative ?
Je me réjouis pour cette initiative,  c’est pourquoi je dis  que la musique burkinabé commence à démarrer. Le président du fan club d’Oubritenga  est  venu  demander du soutien pour le transport à l’ occasion de mon concert le 30 juin. Ce fan club compte au moins 300 membres. Cela  m’a tellement réjoui que je ne savais pas que j’étais autant aimé. Parce que ce sont les fans qui font vivre l’artiste. En somme, c’est eux qui font de l’artiste une star.

 

concert-live-floby.jpgPourquoi organiser un concert dédicace de ton troisième album au stade du 4-Août ?
En fait à chaque fois que je fais un album, je fais un concert. Et comme je sors un album tous les trois ans à la date du 30 juin, on a décidé avec mon staff de marquer cette fois la dédicace d’un grand coup en organisant le concert au stade.

 

Ne serait-il pas un grand défi d’organiser ce concert au stade du 4-Août ?
Oui c’est un grand défi, car je me dis que si les artistes étrangers viennent faire leur concert au stade et le remplissent, nous autres artistes burkinabè pouvons le faire également avec beaucoup de détermination. Je suis très content. Après  le concert si je meurs j’aurais atteint mon objectif. Tous les artistes du Burkina, les hommes du show-biz, toute la population  ont pris  ma cause  comme la leur. Pour moi  ce n’est plus le concert de Floby  mais c’est la fête de la musique burkinabè.

Firmin OUATTARA - L'Express du Faso

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